Rubans jaunes

« C’était trop difficile de dire les paroles, alors je les ai écrites ».

J’ai 17 ans. J’avais l’habitude de devenir high avec du solvant pour vernis à ongle ou de temps à autre avec de l’essence, mais j’ai arrêté l’essence lorsqu'on m'a dit que je puais l’essence. Quelques fois, lorsque nous pouvions nous en procurer, mes amis et moi prenions toutes sortes de choses comme du Gravol ou du Nyquil. Une fois, j’étais à une fête; je planais complètement et j’ai été violée. Je ne me rappelle pas grand-chose. Je n’aime pas y penser, mais c’est arrivé. J’avais tellement peur et j’étais tellement en colère, je ne savais pas quoi faire. J’avais peur de dire quelque chose parce mon amie a été blessée par ces types et lorsqu’elle l’a dit au thérapeute, celui-ci a rétorqué « À quoi t’attends-tu lorsque tu te mets dans cet état? » Je pense que j’ai gardé toute la douleur à l’intérieur. Quelques temps plus tard, mes amies et moi avons commencé à jouer avec des briquets pour voir jusqu'où nous pouvions approcher la flamme de nos mains. J'ai même commencé à le faire quand j'étais toute seule. Je ne sais pas pourquoi je faisais ça. La flamme me semblait tellement pure. J’ai eu des brûlures sur les mains et sur le ventre et je suis allée au poste d’infirmière. L’infirmière a été très gentille. Après que je sois allée la voir quelques fois avec des brûlures, elle a commencé à me regarder comme si elle se demandait ce qu'il se passait. Alors, je suis restée à l'écart. Et puis j'y suis retournée et je lui ai donné une note sur un bout de papier parce que je n’arrivais pas à lui dire verbalement ce qu'il se passait. Elle avait lu la note et elle s’était assise avec moi sans dire un mot pendant un très long moment. Elle n’aimait pas la thérapeute non plus alors, toutes les deux semaines, j’allais voir une autre thérapeute pas loin d’ici. Elle m’a aidé à voir que je n'avais pas à être gênée et que ça allait bien aller. J’ai entendu parler de ce programme dans un autre rez où les gens reçoivent des rubans jaunes pour montrer qu'ils sont sensibilisés au problème du suicide et aux autres problèmes de ce genre. Si on sent qu'on a des problèmes, on donne juste le ruban au professeur, ou à une Aînée, ou à une des travailleuses sociales. Je pense que c’est une bonne idée parce que je sais à quel point c’est difficile de dire les mots. Je voudrais parler bientôt au conseil à propos de ces rubans, parce que je pense que si on en avais, ça pourrait aider.